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Langue et grammaire

Qu'est-ce qu'un procédé de persuasion, et que veulent dire ethos, pathos et logos ?

Réponse rapide

Les procédés de persuasion sont des techniques pour convaincre ou émouvoir un public, comme la question rhétorique, l'anaphore ou l'antithèse. Ethos, pathos et logos en sont les trois leviers.

12–18 ansCollège et lycée

En une phrase

Les procédés de persuasion sont les outils de l'éloquence : des façons de choisir et d'agencer les mots pour que le public écoute, retienne et finisse par être d'accord.

Explication

La rhétorique est l'art de convaincre par la parole. Les Grecs et les Romains l'enseignaient déjà, et le philosophe Aristote l'a décrite dans sa Rhétorique. Aujourd'hui, elle est partout : discours politiques, publicités, éditoriaux, plaidoiries, vidéos en ligne, et les textes argumentatifs que tu écris en classe.

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Crédibilité, raison et émotion : les trois leviers de l'orateur.

En cours de français, on distingue souvent deux manières d'agir sur le destinataire :

  • convaincre, c'est s'adresser à sa raison, avec des arguments et des preuves ;
  • persuader, c'est s'adresser à ses sentiments, pour l'émouvoir ou le séduire.

Aristote, lui, distinguait trois leviers, qu'on retrouve dans les deux démarches :

  • L'ethos (le caractère) : inspirer confiance. Infirmière de nuit depuis quinze ans, je sais ce que la fatigue fait à un être humain. L'expérience, la compétence et l'honnêteté construisent l'ethos. L'argument d'autorité en découle.
  • Le pathos (l'émotion) : faire ressentir. Imaginez un chiot qui grelotte seul sur un paillasson gelé. Les récits, les images fortes et le vocabulaire des sentiments créent le pathos.
  • Le logos (la raison) : faire réfléchir. Si chacun des 800 élèves du collège économise une bouteille par jour, cela fait 800 bouteilles de moins chaque jour de classe. Les faits, les exemples et les raisonnements relèvent du logos.

On ajoute parfois le kairos : le moment opportun. Un discours sur la sécurité routière porte davantage la semaine où l'on inaugure un nouveau passage piéton.

Les procédés concrets mettent ces leviers en œuvre. La plupart jouent sur la répétition, l'opposition ou l'implication du destinataire :

  • Question rhétorique : une question qui n'attend pas de réponse. Qui veut respirer un air pollué ?
  • Hypophore (ou subjection) : l'orateur pose la question et y répond. Pourquoi agir maintenant ? Parce que demain, il sera trop tard.
  • Anaphore : répétition en début de phrases. Paris ! Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! mais Paris libéré ! (Charles de Gaulle, août 1944), qui forme aussi une gradation.
  • Épiphore : répétition en fin de segments. …gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple (Abraham Lincoln, 1863), une formule reprise dans l'article 2 de la Constitution française de 1958.
  • Rythme ternaire : trois éléments parallèles. Je suis venu, j'ai vu, j'ai vaincu (Jules César).
  • Antithèse : des idées opposées dans des structures semblables. C'est un petit pas pour l'homme, mais un bond de géant pour l'humanité (Neil Armstrong, 1969).
  • Chiasme : la seconde partie inverse la première (A B, B A). Il faut manger pour vivre et non pas vivre pour manger (Molière, L'Avare).
  • Parallélisme : la même construction répétée (voir parallélisme syntaxique).
  • Hyperbole et litote : l'exagération (Je te l'ai dit mille fois) et l'atténuation qui dit moins pour suggérer plus (Va, je ne te hais point, Corneille, Le Cid : Chimène avoue en fait son amour).
  • Apostrophe et pronoms inclusifs : vous, nous, ensemble, qui placent le public du côté de l'orateur.
  • Allusion : une référence à une histoire connue. Notre petit club, c'est David contre Goliath.
  • Jeux sonores comme l'allitération, très présente dans les slogans.

Beaucoup de ces procédés sont aussi des figures de style étudiées en poésie. La différence tient surtout au but : ici, ils servent à agir sur un public réel.

Exemples

Procédé Exemple Effet sur le public
Question rhétorique Voulons-nous vraiment d'un parc couvert de déchets ? L'auditeur répond « non » intérieurement : il est déjà à moitié convaincu.
Anaphore Je fais un rêve… Je fais un rêve… (Martin Luther King, 1963) Crée un rythme et une émotion ; la formule devient inoubliable.
Rythme ternaire Réduire, réutiliser, recycler. Trois temps sonnent complets et se retiennent facilement.
Antithèse Je vis, je meurs (Louise Labé) Le contraste exprime la violence des sentiments.
Chiasme Il faut manger pour vivre et non pas vivre pour manger. Le renversement surprend et sonne comme une maxime.
Ethos Capitaine de l'équipe depuis trois saisons… Donne de l'autorité à l'orateur.
Pathos Chaque soir, ce chien attend derrière la porte un maître qui ne rentre plus. Suscite la compassion et l'envie d'aider.
Logos Une gourde utilisée chaque jour remplace des centaines de bouteilles en plastique par an. Donne une raison vérifiable.

Exemple d'analyse : dans Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! mais Paris libéré !, de Gaulle combine l'anaphore (Paris répété) et la gradation : les souffrances montent en intensité jusqu'au retournement final introduit par mais. L'émotion (pathos) est à son comble au moment précis de la libération (kairos), ce qui rend la victoire encore plus éclatante.

Erreurs fréquentes

  • Nommer le procédé sans l'expliquer. « Il y a une question rhétorique » ne suffit pas. Solution : nomme le procédé, cite-le, explique son effet sur le destinataire et le lien avec la visée du texte.
  • Confondre anaphore et épiphore. L'anaphore est au début ; l'épiphore, à la fin.
  • Confondre convaincre et persuader. Convaincre passe par la raison (logos) ; persuader, par les sentiments (pathos). Un bon texte fait souvent les deux.
  • Croire que toute question est rhétorique. À quelle heure commence le match ? attend une vraie réponse.

Étape par étape

Étape par étape

  1. Repère la situationQui parle, à qui, et que veut-il faire penser ou faire au public ?
  2. Cherche les répétitions et les oppositionsAnaphores, épiphores, rythmes ternaires, antithèses, chiasmes, questions.
  3. Nomme et citeUtilise le terme exact et une citation courte.
  4. Identifie le levierLe procédé crée-t-il la confiance (ethos), l'émotion (pathos) ou apporte-t-il des raisons (logos) ?
  5. Explique l'effetQue ressent ou pense le destinataire, et en quoi cela sert-il la thèse ?

Une phrase type pour le commentaire : L'auteur emploie [procédé] dans « [citation] » afin de [effet], ce qui contribue à convaincre le lecteur que [visée].

Exercices

Nomme le procédé ou le levier

Fais chaque exercice, puis vérifie ta réponse.

  1. « Voulons-nous vraiment que nos enfants respirent un air pollué ? »
    Voir la réponse
    Une question posée pour l'effet : question rhétorique (avec du pathos).
  2. « Médecin urgentiste depuis vingt ans, je peux vous le dire : c'est dangereux. »
    Voir la réponse
    La confiance vient de l'expérience : ethos.
  3. « Si chacun des 800 élèves du collège économise une bouteille par jour, cela fait 800 bouteilles de moins chaque jour de classe. »
    Voir la réponse
    Un raisonnement chiffré : logos.
  4. « Nous reconstruirons. Nous nous relèverons. Nous reviendrons. »
    Voir la réponse
    Nous en tête de chaque phrase : anaphore (et rythme ternaire).
  5. « Ne demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous ; demandez ce que vous pouvez faire pour votre pays. » (John F. Kennedy)
    Voir la réponse
    La seconde partie inverse la première : chiasme.
  6. « Réduire, réutiliser, recycler. »
    Voir la réponse
    Trois verbes parallèles : rythme ternaire, avec une allitération en r.
  7. « Pourquoi agir maintenant ? Parce que demain, il sera trop tard. »
    Voir la réponse
    L'orateur pose la question et répond : hypophore (subjection).
  8. « C'est un petit pas pour l'homme, mais un bond de géant pour l'humanité. »
    Voir la réponse
    Petit pas contre bond de géant : antithèse.
  9. « Va, je ne te hais point. » (Corneille)
    Voir la réponse
    Dire moins pour faire entendre plus (je t'aime) : litote.
  10. « Je te l'ai dit mille fois ! »
    Voir la réponse
    Exagération volontaire : hyperbole.
  11. « Pensez aux chiots qui grelottent ce soir, seuls et affamés. »
    Voir la réponse
    Image émouvante qui suscite la pitié : pathos.
  12. « Ensemble, nous pouvons rendre notre quartier plus propre. »
    Voir la réponse
    Nous et ensemble incluent le public : pronoms inclusifs (implication du destinataire).
  13. « Notre petit club, c'est David contre le Goliath des grandes équipes. »
    Voir la réponse
    Référence au récit biblique : allusion (avec une métaphore).
  14. « …gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple. »
    Voir la réponse
    Le peuple répété en fin de segment : épiphore (et rythme ternaire).
  15. Réécris avec un rythme ternaire : « Aller au collège à pied, c'est bien. »
    Voir la réponse
    Par exemple : Aller au collège à pied, c'est économique, bon pour la santé et bon pour la planète.
  16. Quel levier utilise surtout une publicité avec une célébrité, et pourquoi peut-il être fragile ?
    Voir la réponse
    L'ethos : elle emprunte la popularité de la star, mais être célèbre ne veut pas dire être compétent, donc cette confiance n'est pas toujours méritée.

Questions fréquentes

C'est quoi ethos, pathos et logos ?

Ce sont les trois leviers de la persuasion décrits par Aristote. L'ethos repose sur la crédibilité de l'orateur, le pathos sur les émotions du public et le logos sur la logique et les preuves. Les discours efficaces combinent les trois.

Quelle est la différence entre convaincre et persuader ?

Convaincre, c'est agir sur la raison du destinataire avec des arguments. Persuader, c'est agir sur ses sentiments pour l'émouvoir ou le séduire. En pratique, les textes argumentatifs mêlent souvent les deux.

Qu'est-ce que le kairos ?

C'est le moment opportun. Un même message peut réussir ou échouer selon le moment, le lieu et le public auxquels il s'adresse.

C'est quoi un procédé de persuasion ?

C'est un moyen concret (une figure, un choix de mots, un type d'argument) utilisé pour faire adhérer quelqu'un à une idée : question rhétorique, anaphore, exemple frappant, argument d'autorité, appel aux émotions…

Quelles techniques de persuasion utilise la publicité ?

Le slogan court et rythmé, l'impératif (Craquez !), la question rhétorique, le témoignage d'une célébrité ou d'un expert (ethos), les images émouvantes (pathos), les chiffres et comparaisons (logos), et les jeux sonores comme l'allitération ou la rime.

Combien y a-t-il de procédés rhétoriques ?

Il n'y a pas de nombre fixe : les traités anciens en recensent plus d'une centaine. Au collège et au lycée, il suffit d'en maîtriser une quinzaine parmi les plus courants.

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Les procédés de persuasion : ethos, pathos, logos

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L'ethos s'appuie sur…

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Un écrit persuasif cherche à convaincre le lecteur d'adopter un point de vue ou de passer à l'action, avec des raisons claires, des preuves et des mots bien choisis.

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Avec être, le participe passé s'accorde avec le sujet. Avec avoir, il s'accorde avec le COD seulement si ce COD est placé avant le verbe : la pomme que j'ai mangée.

Langue et grammaire · 10–15 ans

Le parallélisme syntaxique

Le parallélisme syntaxique répète la même construction dans des phrases ou des vers successifs. C'est une figure de style, et aussi une règle d'écriture, qui coordonne des éléments de même nature.

Langue et grammaire · 12–18 ans

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